O n e_.___
C'est la clope au coin des lèvres et le vent cinglant mon visage que j'arpente les rues désertées de toute trace de vie. Dans mon appart', il y a cette inconnue que j'ai laissé au bord de l'orgasme. Elle doit probablement vider mon frigo et mon ballon d'eau chaude, pour compenser sa frustration. Quand je rentrerai, je trouverai un petit billet déposé sur l'oreiller avec pour formule de politesse un « espèce de salaud » et pour conclusion un numéro de téléphone. Comme c'est prévisible une femme. Elles font toute ça. Ca joue les prudes effarouchées devant la cruauté des hommes, mais ça adore ça et ça en redemande. Elles se foutent un masque sur la tronche et s'autoproclament ambassadrices de la pureté, juste parce qu'elles ont un foutu vagin. Au fond, c'est pathétique une femme. Je tourne dans la ruelle à gauche. Un coupe gorge malfamé que seuls les camés fréquentent et qui mène dans une allée de bars et sex-shop divers. Même les flics n'osent pas foutre les pieds par ici. C'est pour dire. Vous vous demandez pourquoi je traine là, un gars comme moi, sans histoire. J'aime cette atmosphère miséreuse. L'odeur à la fois enivrante et écoeurante de l'alcool, de l'urine, des ordures et du sexe. Cet univers parallèle que l'on tente de cacher derrière de grandes enseignes. Je bute contre quelque chose et manque de m'éclater les dents sur les pavés. La chose en question pousse un grognement rauque, finit d'un trait sa bouteille et se rendort, son bien le plus précieux toujours en main, serré contre lui. Demain, il sera mort dans l'anonymat le plus complet.
A suivre